Paris est une ville qui laisse devenir. On peut y arriver de n’importe où et s’y faire un nom sur ce qu’on fait, pas sur ses origines ; personne ne demande d’où vous venez, on vous regarde sur ce que vous montrez. Elle ne pardonne pas la facilité et récompense l’obstination. Pour moi, une maison ne pouvait naître ailleurs.
L’art m’a tenu avant la mode, et au fond c’est la même chose. Une peinture, une matière, une coupe : ce sont des façons de dire quelque chose sans parler. Paris met l’art partout, dans ses musées comme dans ses rues, et on finit par le respirer sans s’en rendre compte.
« Rien de cela ne se cite ; tout cela se sent. »

Une couleur vue au Louvre, une lumière prise sur un toit au petit matin, une silhouette croisée le soir. Rien de cela ne se cite ; tout cela se sent. C’est ce que je veux mettre dans nos pièces : non pas une référence qu’on reconnaît, mais une justesse qu’on ne sait pas nommer. Le goût ne se décrète pas ; il s’attrape, à force de regarder.

Alors on ne s’en cache pas. Paris a une grande part dans ce qu’on fait et dans nos inspirations : une rue, une terrasse, une coupole, une voiture garée de travers. Une ville magnifique, unique au monde ; la seule où je voulais commencer. Une maison parisienne, pour moi, ce n’est pas un décor qu’on plaque ; c’est une manière de se tenir.
Je n’ai pas grandi ici, je l’ai choisie ; et l’on aime mieux ce qu’on choisit que ce qu’on reçoit. Paris, je l’ai voulue. La maison parle depuis cette ville, et elle lui ressemble, tout aussi à part.
