Le Portugal est devenu, sans bruit, l’un des grands ateliers du vestiaire européen. On y coud aujourd’hui pour des maisons dont les usines n’ont pas le droit de prononcer le nom. La main y est exigeante, l’outil moderne, le savoir-faire textile ne s’y est jamais éteint. Et la distance est courte : moins de transport, plus de contrôle, et la possibilité de regarder dans les yeux ceux qui font.
Le Portugal n’est pas seul. La France pour certaines pièces, l’Italie pour d’autres, et quelques pays de l’Est dont on sous-estime le sérieux. La Pologne, par exemple : on y trouve des bonnetiers d’un niveau qui surprend, des ateliers de maille et de chaussette d’une précision rare. On choisit l’atelier pour ce qu’il sait faire, pas pour le drapeau qu’il permet d’afficher.
« On choisit l’atelier pour ce qu’il sait faire. »
Confectionner près de chez soi coûte davantage, et nous l’assumons. Derrière le prix d’une heure de couture européenne, il y a un savoir-faire qu’on entretient. Ce n’est pas une question de drapeau : la Chine compte aussi d’excellents ateliers, et certains de nos éléments en viendront ; les papiers de soie, les boîtes, les pochons. On ne choisit pas un pays contre un autre, on choisit l’atelier qui fait le mieux ce qu’on lui confie.
Produire à portée de main, c’est voir ce qui se passe, corriger vite, refuser une finition qui ne va pas avant qu’elle parte en série. La coupe, le montage, les surpiqûres : tout cela porte une signature de lieu. Nous voulons que la nôtre soit européenne, parce que c’est là que vit encore le métier que nous respectons.

Nous nommerons toujours où nos pièces sont faites. Pas comme un slogan, comme une habitude. Quand on n’a rien à cacher sur le lieu, on le dit ; et quand on le dit, on s’oblige à le tenir.

